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samedi 22 août 2015

Un chamois chanceux


La montagne était sacrément belle, ce 2 décembre 2013. J’accompagnais Nicolas qui entendait occire un chamois -cabri ou éterlou- pour régaler ses papilles, car  Noël approchait. C’est un fort tireur à l’approche. Jusqu’à des distances ultimes, il ne manque pas, sachant aussi lire le vent pour les tirs lointains. En montagne, c’est parfois essentiel.

Biche et faon

Je ne devais être le tireur que si un bouc s’offrait au tirage au sort. Ce qui n’arriva pas. J’avais emporté quand même ma jolie carabine mixte Sauer & Sohn … Modèle 54, comme moi ! Tous les deux, nous avions dépassé le demi-siècle, aussi mon cœur cognait-il à gravir chaque mètre du versant  enneigé.

Nous avions belle compagnie, dans notre lente et silencieuse randonnée, observant biche et faon, et un magnifique bouc. Interdit. Puis d’autres chamois encore, avec des jeunes. C’est vers eux que nous reportons la chasse, et l’approche est physiquement rude pour moi et mes ans. Je rejoins enfin Nicolas, déjà assis dans la poudreuse, et jumelant.


Un cabri s’offre, qui nous était masqué par le relief, s’approchant de sa mère. 120 mètres, un tir facile. Comme chaque fois qu’un animal juvénile va être tiré, j’éprouve ce regret et je rêve qu’il soit épargné. On ne tire pas de cabri en Suisse. Sentiment plus fugace quand c’est moi le tireur ... Mais le hasard sauve le cabri, car son ainé apparaît !

Un magnifique bouc  pose 

Je filme l'éterle*, le cabri et leur mère, car il est impensable d’avoir à doubler un tir de Nicolas. "Eterlou ?" me fait il confirmer. "Pour moi c’est bon", dis-je. A un contre mille, l'éterle ne chute pas immédiatement au tir … ni dans les mètres qui suivent. Raté à 120 mètres, sans explication ! Pendant une heure nous tournons et cherchons à comprendre : des traces. Mais pas de sang.

Quelques secondes avant le tir,
trois générations, cabri de 6 mois au premier plan,
à gauche sa sœur de 18 mois,
et la mère des deux à droite ...




De retour, nous chargeons le film, et voyons au tir voler du poil, mais bien trop haut, au garrot. Mieux, en passant image par image, nous voyons le vol de la balle ce que je pensais impossible … et  … Et nous voyons vibrer la branchette à 15 mètres de nous, qui a déstabilisé la balle et a sauvé l’éterle !



Une histoire incroyable, heureusement parfaitement documentée !


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